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Élections législatives et communales, dimanche 31 mai 2026

Élections législatives et communales, dimanche 31 mai 2026

Salle de Situation Électorale

DÉCLARATION PRÉLIMINAIRE

Le dimanche 31 mai 2026, plus de 6,7 millions d’électeurs guinéens, dont 52,26 % de femmes, ont été appelés aux urnes pour les élections législatives et communales, marquant la clôture du processus de transition en cours depuis le 5 septembre 2021. Ce triple scrutin (proportionnel pour les communales ; majoritaire uninominal/plurinominal et proportionnel pour les législatives), constitue la dernière étape du retour à l’ordre constitutionnel.

Fidèle à sa mission d’édification de la paix et de consolidation démocratique, WANEP-Guinée a déployé sur l’ensemble du territoire national, une mission d’observation citoyenne, articulée autour d’une Salle de Situation Électorale (SSE) opérant du 30 mai au 1er juin 2026. La présente déclaration rend compte, de manière objective et indépendante, des constats faits durant l’intégralité du processus, depuis l’ouverture des bureaux de vote jusqu’au dépouillement.

Présentation de la mission 

Ce dispositif, qui fonctionne sur la base d’une mission d’observation et de suivi de la violence électorale, est différent des missions classiques d’observation du fait de son plan de déploiement et de sa stratégie de coordination. 

Dans ce cadre, WANEP Guinée a déployé 600 observateurs pour couvrir 4200 bureaux de vote répartis dans 300 communes sur les 375, en fonction du poids électoral et du niveau de risque de violence électorale, dans les huit (8) régions administratives du pays. En fin d’opération, 586 observateurs de WANEP ont pu effectivement observer 3 637 bureaux de vote dans 294 communes  

La Salle de Situation Électorale (SSE) a joué ainsi le rôle de coordination de la mission d’observation. Elle a reçu des observateurs de terrain des informations lui permettant de faire des points réguliers tout au long de la journée sur le déroulement du scrutin. La Salle de Situation Electorale (SSE) est composée de cinq (5) chambres distinctes et complémentaires que sont :

  • Une chambre de contrôle qualité des données ; 
  • Une chambre d’analyse des données ;
  • Une chambre de vérification des faits ;
  • Une chambre de communication et visibilité
  • Une chambre de mobilisation de réponses aux risques ; 
  1. DU CONTEXTE DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET COMMUNALES DU 31 MAI 2026 

Le dimanche 31 mai 2026, les citoyennes et citoyens guinéens ont été appelés aux urnes pour élire leurs Députés et leurs Conseillers Communaux. Ces élections ont également eu lieu dans un contexte marqué par la dissolution, en mars dernier, de 41 partis politiques, pour “manquements à leurs obligations” selon le MATD. Par ailleurs, ces élections s’inscrivent dans un contexte plus large de régime d’exception mis en place en 2022 et en vigueur, interdisant les manifestations sur la voie publique. Une partie de la classe politique et de la société civile avait donc appelé au boycott de ces scrutins, regrettant une absence réelle de compétition politique et une fermeture de l’espace civique.

En outre, ces élections, initialement prévues pour le 24 mai 2026, ont été reportées au 31 mai 2026 par décret présidentiel du 10 avril 2026 afin d’octroyer aux Institutions un délai supplémentaire pour acheminer le matériel et finaliser les préparatifs.

En somme, ce double scrutin s’est tenu dans un environnement politique singulier, où la nécessité institutionnelle de clôturer la transition s’est heurtée à des défis persistants d’inclusivité et de compétition électorale, avec une crainte sur la participation. 

  1. LE CADRE JURIDIQUE 
  • La Constitution du 26 septembre 2025 ·       
  • La loi organique L/2O25/O26/CNT portant code électoral du 27 septembre 2025 ;
  • La loi L/017/040/AN du 24 février 2017 portant Code révisé des collectivité locales de la République de Guinée ;
  • Le décret D/2026/0109/PRG/SGG modifiant les dates des élections législatives et communales du 24 mai 2026 ainsi que les périodes de campagne électorale du 10 avril 2026.
  1. DES PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS 

Selon les données officielles, le corps électoral est composé de 6,768,458 électeurs inscrits, dont 3,493,251 femmes soit 52,26% répartis dans 23,662 bureaux de vote à travers 16,722 centres de vote, avec une moyenne de 286 électeurs par bureau de vote.

  1.  De la liste électorale et des cartes d’électeurs 

Pour ces élections, la liste électorale et les cartes d’électeurs sont restées identiques à la présidentielle du 28 décembre 2025. L’opération de distribution des cartes d’électeurs s’est poursuivie sur l’ensemble du territoire jusqu’au jour du scrutin. 

  1. Des candidatures

Pour ces élections législatives, 28 partis politiques ont été retenus pour le scrutin de liste proportionnelle et 109 dossiers de candidature (sur 150 réceptionnés) pour les scrutins majoritaires uninominaux et plurinominaux.

Pour ce qui est des élections communales, 511 dossiers de candidatures ont été validés sur 628 dossiers réceptionnés par la DGE.

Dans le cadre des contentieux, la Cour suprême a réhabilité plusieurs candidatures initialement rejetées par la DGE.

Le 28 avril 2026, le FRONDEG a décidé de se retirer du processus à la suite de l’invalidation de plusieurs de ses candidatures dans plusieurs circonscriptions telles que Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, Kankan, Siguiri, Boké et Sangaredi. Saisie par la DGE, la Cour suprême a estimé, dans son avis du 6 mai 2026, que ce retrait politique ne produisait aucun effet juridique sur les candidatures déjà validées et publiées. En application de cet avis, la DGE a maintenu les candidatures concernées mais a refusé la réintégration du FRONDEG sur la liste nationale proportionnelle, au motif que les opérations électorales étaient déjà engagées et qu’aucune disposition légale ne prévoyait le retour d’un parti après notification de son retrait. 

Cette situation a alimenté un débat juridique sur la portée de l’avis de la Cour Suprême, l’intangibilité des listes de candidatures après leur validation et les marges d’appréciation de l’administration électorale dans la gestion du contentieux préélectoral.

  1. De la campagne électorale

La campagne électorale s’est déroulée du 1er au 28 mai 2026 pour les législatives et du 11 au 28 mai pour les communales. L’analyse de cette séquence révèle des paradoxes profonds entre la volonté de clore la transition et la réalité de l’espace civique disponible.

En effet, si la campagne n’a pas été marquée par des violences physiques majeures, elle n’a pas semblé apporter d’engouement populaire. 

  1. DE LA CONTRIBUTION DE WANEP 

Cette mission s’est déroulée dans le cadre des projets « Suivi, analyse et Atténuation de la Violence Electorale (E-MAM) » et « Participation Citoyenne éclairée pour la Démocratie et la Paix en Guinée (PartiCiP-Guinée) » mis en oeuvre par WANEP-Guinée et « INSPIRED Guinée » mis en oeuvre par European Partnership for Democracy (EPD). 

Ces projets, mis en œuvre avec l’appui financier de la Délégation de l’Union européenne en Guinée, s’inscrivent également dans une collaboration plus vaste avec la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Réseau des Commissions Électorales de la CEDEAO (ECONEC), le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel (UNOWAS), ainsi que le Centre for Journalism Innovation and Development (CJID).      

  1. DES CONDITIONS GÉNÉRALES DU VOTE

À travers les 2 331 rapports remontés par les observateurs, il ressort que les électeurs étaient constitués de 47% de femmes et 40% de jeunes visiblement de moins de 35 ans dans les rangs. Les électeurs vulnérables (personnes vivant avec un handicap, personnes âgées et femmes en état de famille) ont reçu l’assistance requise dans les bureaux de vote observés. 

La présence d’autres observateurs nationaux et internationaux a été constatée par 21% des observateurs. De même, 95% des données recueillies indiquent la présence de Forces de Sécurité dans les centres de vote.

Sur la vérification des faits :

La chambre de vérification des faits a noté un nombre limité de désinformation dans le cadre des élections législatives et communales 2026 en comparaison des élections référendaires et présidentielle de 2025. 

L’une des manipulations manifestes relevée porte sur une vidéo virale montrant l’effondrement fictif d’un pont à Pita lors du passage d’un candidat de la GMD. L’analyse technique a prouvé qu’il s’agissait d’images d’archives couplées à une bande-son générée par intelligence artificielle. Quant à la baisse des activités sur les réseaux sociaux, elle révèle beaucoup plus une désaffection citoyenne envers le processus électoral plutôt qu’une réelle amélioration de la qualité des échanges en ligne.

  1. DU DÉROULEMENT DES OPÉRATIONS DE VOTE

Les opérations de vote se sont globalement bien déroulées avec quelques incidents. Il n’y a pratiquement pas eu de violence dans les bureaux de vote observés. 

Les données recueillies indiquent que les procédures prévues par la loi ont été globalement respectées à l’ouverture, au déroulement, à la clôture et au dépouillement.

  1. Ouverture des bureaux de vote

Les observations consolidées font état d’une ouverture globalement conforme aux dispositions du Code électoral (art 78), malgré quelques dysfonctionnements d’ordre opérationnel. Les principaux indicateurs recueillis se présentent comme suit :

  • Bureaux avec les 5 membres présents à l’ouverture (93 %) ;
  • Bureaux comptant des femmes parmi les membres (77%) ;
  • Respect des procédures du Code Électoral (97%) ;
  • Vérification de l’urne (vide et fermée avec au moins 3 scellés) 99%;
  • Bureaux ayant ouvert à l’heure exacte (7h00) (74%) ;
  • Bureaux affectés par un retard de démarrage (26%) ;
  • Disponibilité totale du matériel électoral (85%) ;
  • Conformité des isoloirs (secret du vote garanti) 99% ;
  • Présence des forces de l’ordre sans influence sur le vote (95%).

Toutefois, il faut noter qu’à 9h20, cent soixante-neuf (169) bureaux de vote sur les cinq cent quatre-vingt-un (581) observés à cette heure, soit 29 %, n’étaient toujours pas ouverts. Les plus grands retards ont été observés dans deux (2) bureaux de vote avec des ouvertures comprises entre 17h35 et 17h45 :

  • Bureau de vote N°1, place publique Tombadoula, Tomba Kanssa dans la préfecture de Siguiri (17h35);
  • Bureau de vote N°1, Mairie Centre, Tomba Kanssa dans la préfecture de Siguiri (17h45).

Des absences ponctuelles des forces de l’ordre ont également été signalées à l’EP Taigbe 1 (Forécariah), Guémé (Pita) et Madina-Wora (Mali).

  1. Déroulement des scrutins

Les procédures électorales ont été globalement respectées durant le déroulement des scrutins : vérification systématique des cartes d’électeur, accès au vote pour tous les électeurs inscrits, respect du secret du vote, apposition de l’empreinte digitale / signature des listes d’émargement et assistance aux personnes vulnérables.

Il faut également noter la présence des délégués des partis politiques/candidats dans 88 % des bureaux observés. Les observateurs nationaux (ONASUR-E, Dynamique Œil du Citoyen, UCEG) et internationaux (UA, CEDEAO) ont également été vus dans 21 % des bureaux observés. 

Les données ont montré que parmi les citoyens qui devaient voter par dérogation, 11 % d’entre eux n’ont pas pu voter par manque de fiches. 

Des incidents préoccupants ont néanmoins été documentés, notamment dans les régions de Kankan (Siguiri), de Mamou (Pita) et de Labé (Mali) :

INCIDENT GRAVE — Régions de Kankan (Siguiri), de Mamou (Pita) et de Labé (Mali) :

Quatre (04) cas avérés d’actes de pression sur les électeurs et de corruption ont été documentés exclusivement dans la préfecture de Siguiri, notamment au BV 5 de Bendougou, au BV N°1 de Tomba Doula et au BV1 de Bourenfè. Au BV N°1 de Franwalia, le bureau a été relocalisé chez le Président de District, un assesseur a été observé en train de donner des consignes de vote, et les délégués ont été empêchés d’accéder. Les bureaux de Tombakansa et Tomba Madinakoura n’avaient pas ouvert jusqu’à 17h35. À Pita (Mairie Sangaréah, BV N°1), une activité de campagne a été observée en faveur d’un candidat de l’UPR. Un incident a été signalé au Bureau de vote 1 de la Mairie Salle polyvalente à Madina Salambande (préfecture de Mali, région de Labé), où un jeune a été arrêté sur instruction du Sous-Préfet pour avoir interféré dans le fonctionnement du bureau de vote, avant d’être libéré à la suite d’une médiation des sages.

  1. Phase de clôture et de dépouillement

Par Décision N°D/2026/0763/MATD/DGE en date du 31 mai 2026, la Direction Générale des Élections (DGE) a prorogé l’heure de clôture des opérations de vote à 19h30 sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure visait à permettre à tous les électeurs présents dans les rangs de s’acquitter de leur devoir civique.

Dans 16% des bureaux observés, l’heure de fermeture n’a pas été respectée avec des bureaux ayant fermé à 18h ou après 19h30.

  • Le dépouillement immédiat, public, ininterrompu et sans tension dans 98 % des cas observés ;
  • Les décisions sur la validité des bulletins et annonce/affichage des résultats prises par consensus dans 98 % des cas ;
  • Les bureaux affectés par une rupture de documents de dépouillement (PV, feuilles de dépouillement, fiches de résultat) se chiffrent 6,2 %, particulièrement dans la région de Labé.

Les procès-verbaux et fiches de résultats ont été scellés en quatre plis pour transmission aux commissions de réception. 

  1. CARTOGRAPHIE DES ALERTES ET TYPOLOGIE DES INCIDENTS

L’analyse rigoureuse des 3 432 alertes traitées et documentées par la Mission d’Observation Électorale Citoyenne révèle une concentration géographique et typologique précise des dysfonctionnements observés.

  • Labé avec 659 soit 19,20 %;
  • Mamou avec 540 soit 15,73%;
  • Kankan avec 497 soit 14,48% ;
  • Nzérékoré avec 472 soit 13,75% ;
  • Kindia avec 436 soit 12,70%.
  1. CONSTATS GÉNÉRAUX ET POINTS DE VIGILANCE

Les données d’observation collectées établissent les constats suivants :

Points positifs :

  • Déroulement globalement calme du scrutin sur l’ensemble du territoire national ;
  • Respect généralisé des procédures fondamentales (vérification de l’urne, secret du vote à 99 %, consensus dans le dépouillement à 98 %) ;
  • Présence significative des femmes dans la composition des bureaux de vote (77 %) ;
  • Réactivité institutionnelle, illustrée par l’opérationnalisation du numéro vert 105 par la Direction Générale des Élections (DGE) et la décision de prorogation de l’heure de clôture.

Failles significatives identifiées :

  • Défaillances opérationnelles importantes : retards d’ouverture (15 % des bureaux non ouverts), manque de matériel dans 15 % des bureaux (notamment fiches de dérogation et de procuration, encre indélébile, listes d’émargement, couvercles et scellés d’urne) ;
  • Faiblesse de la représentation multipartite : absence des délégués des candidats/partis dans 486 bureaux (16,27 % des alertes) ;
  • Cas avérés de corruption, de pression et d’ingérence administrative documentés à Siguiri (région de Kankan) et à Madina Salambande (Mali, Labé) ;
  • 21 cas de non-affichage des procès-verbaux signalés, notamment à Bolodou, Diountou 2 et Madina-Wora ;
  • Rupture de documents de dépouillement dans 6 % des bureaux, particulièrement en région de Labé.
  1. RECOMMANDATIONS ET CONCLUSION

9.1. Recommandations

À la lumière des constats ci-dessus, la Salle de Situation Électorale (SSE) formule les recommandations suivantes :

  1. Au Gouvernement, de : 
  • Ouvrir sans délai des enquêtes judiciaires sur les quelques cas avérés de corruption et de pression documentés dans la préfecture de Siguiri ;
  • Faire respecter strictement la neutralité des autorités administratives locales, notamment des sous-préfets, à l’égard du processus électoral ;
  • Prendre des mesures visant à renforcer le climat de dialogue inclusif respectueux des droits et libertés fondamentales ;
  • Garantir l’inclusivité du vote en mettant en place des dispositifs appropriés (braille, lunettes intelligentes, pochette tactile, etc.) pour favoriser la participation des personnes à besoins spécifiques.
  1. À la Direction Générale des Élections (DGE), de :
  • Procéder à une vérification croisée des résultats dans les bureaux de vote où les procès-verbaux n’ont pas été affichés ;
  • Renforcer la chaîne logistique (matériel électoral, fiches de dérogation et de procuration, listes d’émargement, scellés, procès-verbaux) en amont de toute prochaine élection ;
  • Engager la digitalisation du suivi des opérations électorales pour réduire les délais de remontée d’informations et sécuriser la traçabilité ;
  • Renforcer la formation des agents électoraux ;
  • Renforcer la communication et la sensibilisation sur les différentes étapes du vote;
  • Renforcer la digitalisation du système de gestion des élections pour améliorer la transparence du processus ;
  • Prendre des mesures nécessaires pour améliorer la participation des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables dans toutes les étapes du processus électoral ;
  • Réexaminer l’approche de prorogation de la clôture du scrutin pour la rendre plus prévisible et plus efficace ;
  • Opérationnaliser un système de suivi instantané des bureaux de vote basé sur les nouvelles technologies aux fins de réduire les délais de résolution des dysfonctionnements et autres irrégularités.
  1. À la Haute Autorité de la Communication (HAC), de :
  • Poursuivre le renforcement des capacités et la sensibilisation des acteurs des médias sur la couverture médiatique de la campagne électorale (équilibre, objectivité, équidistance, égalité dans le traitement de l’information, etc.) ;
  • Renforcer son rôle de veille pour le respect de l’éthique et de la déontologie par les médias.
  1. Aux acteurs politiques, de :
  • Renforcer l’éducation électorale et citoyenne des militants et sympathisants ;
  • User des voies de recours légales au besoin pour le règlement des contentieux électoraux ;
  • Sensibiliser leurs militants à éviter de recourir à toute forme de violence.
  1. A la société civile, de :
  • Poursuivre les programmes d’éducation civique pour améliorer la participation des citoyens aux processus électoraux ;
  • Assurer le rôle de veille, d’alerte, d’interpellation et de propositions sur le processus électoral.
  1. Aux leaders religieux et d’opinion, de :
  • Continuer à œuvrer pour un climat de paix, de cohésion sociale et d’acceptation de l’autre.
  1. Aux médias, de :
  • Observer les règles d’éthique et de déontologie ;
  • Privilégier la diffusion d’informations justes et vraies par la promotion du Fact-checking; 
  • S’abstenir de diffuser des discours haineux et des images violentes.
  1. Aux populations
  • Gardez le calme et la sérénité dans l’attente de la proclamation des résultats.
  1. Aux Partenaires au développement, de :
  • Soutenir l’opérationnalisation d’un système de suivi instantané des bureaux de vote basé sur les nouvelles technologies aux fins de réduire les délais de résolution des dysfonctionnements et autres irrégularités.
  1. Aux Missions d’Observation Électorale (MOE), de :
  • Multiplier les initiatives de diplomatie préventive à l’endroit de tous les acteurs clés (parties prenantes au processus électoral) ;
  • Travailler en synergie pour plus d’impact et d’efficacité du processus.

6.2. Conclusion préliminaire

L’analyse rigoureuse des données d’observation — 3 432 alertes issues des observations consolidées de 600 observateurs déployés par WANEP-Guinée sur 4 200 bureaux de vote et documentées par la Salle de Situation Électorale — révèle un processus électoral qui s’est déroulé globalement dans le calme, mais qui demeure marqué par des dysfonctionnements d’ordre opérationnel, et par des cas localisés d’irrégularités nécessitant un traitement juridique approprié.

La Salle de Situation Électorale salue l’engagement des observateurs nationaux et internationaux (ONASUR-E, Dynamique Œil du Citoyen, UCEG, CEDEAO, Union Africaine) et appelle l’ensemble des acteurs à œuvrer pour la consolidation des acquis démocratiques et le traitement diligent des dysfonctionnements relevés, dans l’intérêt supérieur de la Guinée.

Ainsi, le WANEP Guinée, à travers la Salle de Situation Électorale :

  • Félicite le peuple de Guinée pour sa maturité, invite les acteurs politiques et les médias à la responsabilité dans l’attente des résultats ;
  • Exhorte les acteurs politiques à user de moyens légaux pour tout contentieux qui serait issu du scrutin ;
  • Remercie le Gouvernement guinéen et les partenaires techniques et financiers pour la confiance et la bonne collaboration dans le cadre de cette mission ;
  • Remercie toutes les parties prenantes : contrôleurs qualités, observateurs, analystes, communicants, membres de la Chambre de Facilitation des Réponses pour leur accompagnement et leur soutien.

Fait à Conakry le 31 mai 2026

La Salle de Situation Électorale (SSE)

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