Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), particulièrement à son président, M. Alexeï Deswaef, pour son écoute attentive, son engagement et les assurances de soutien qu’il m’a témoignées. J’ai été particulièrement touché par l’intérêt qu’il porte au combat que nous menons en Guinée pour la démocratie, la justice et le respect des droits fondamentaux.
Au cours de nos échanges, j’ai tenu à lui faire part de mes profondes inquiétudes face à la montée des discours à caractère ethnique dans notre pays, notamment lorsqu’ils émanent de hauts responsables de l’administration publique. J’ai notamment évoqué le cas de Moussa Tatakourou, Directeur général de l’Office de régulation des agences de sécurité et de protection civile (ORASPC), dont les propos visant la communauté peule soulèvent de sérieuses préoccupations quant à la préservation de la cohésion nationale.
Il est extrêmement dangereux qu’un responsable de l’État puisse tenir des propos susceptibles de stigmatiser une communauté entière sans que des réponses institutionnelles claires et impartiales ne soient apportées. L’histoire de notre continent nous enseigne que les discours de haine, lorsqu’ils sont banalisés ou tolérés par les institutions, peuvent progressivement alimenter la méfiance, exacerber les tensions communautaires et fragiliser durablement le tissu social. La Guinée, déjà éprouvée par des décennies de divisions et de crises politiques, ne peut se permettre une telle dérive.
Ce qui est encore plus préoccupant, c’est le deux poids, deux mesures dans l’application de la justice. Alors que des citoyens et des acteurs politiques qui expriment de simples opinions critiques à l’égard du pouvoir sont parfois confrontés à des poursuites judiciaires, à des intimidations ou à des persécutions, des discours publics susceptibles de porter atteinte à la dignité d’une communauté semblent, eux, ne pas susciter la même réactivité judiciaire.
La justice ne peut être sélective. Elle doit être indépendante, impartiale et égale pour tous, quels que soient le statut, les fonctions ou les appartenances de chacun. La liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la stigmatisation ethnique, pas plus que la critique du pouvoir ne devrait devenir un motif de persécution.
Nous avons également abordé plusieurs autres problématiques liées à la situation des droits de l’homme en Guinée, aux libertés fondamentales et aux défis auxquels sont confrontés les défenseurs de la démocratie.
Je retiens surtout de cette rencontre la qualité de l’écoute, la profondeur des échanges et l’attention particulière que M. Alexeï Deswaef a bien voulu accorder à ma modeste personne et à notre combat.
La Guinée appartient à toutes ses filles et à tous ses fils. Aucun pouvoir, aucune appartenance ethnique et aucune fonction publique ne doivent être au-dessus des principes de justice, de dignité humaine et de fraternité.
Notre responsabilité collective est de préserver la paix, de combattre toutes les formes de discrimination et de faire en sorte que la diversité de notre pays demeure une richesse plutôt qu’un instrument de division.
Merci à la FIDH et à son président pour leur engagement constant en faveur des droits humains. Votre soutien et votre solidarité constituent un encouragement précieux pour toutes celles et tous ceux qui continuent de se battre pour une Guinée démocratique, juste et respectueuse de ses citoyens.
Le combat pour les droits de l’homme n’est pas un combat contre un pouvoir, mais un combat pour la dignité de chaque Guinéen, sans distinction d’ethnie, de religion ou d’opinion politique.
Bella BAH
Activiste très très indépendant

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